Le murmure du corbeau (2)

★★★✩✩ (3/5)

Assis derrière la vitre d’un bistrot parisien, Charles Baudelaire remarque un individu au comportement suspect qui lui fait penser à l’inquiétant « homme des foules » d’Edgar Allan Poe. Ni une ni deux, notre poète le prend en filature et, bientôt, voit l'individu entrer dans une maison. Quelques instants plus tard, ce dernier en ressort, un couteau ensanglanté dépassant de la poche de son manteau. Le sauveur d’âmes, alias le ressemeleur de chaussures, vient d’être assassiné ! Une nouvelle enquête diabolique s’offre à Charles Baudelaire. Une chose est sûre, il est loin d’être au bout de ses mauvaises surprises…

Mon commentaire

La Femme sans tête n'est pas un roman policier comme les autres. L'intrigue n'est pas vraiment au centre du récit : elle sert plutôt de prétexte à une sorte de biographie bien documentée de Beaudelaire avec une description très visuelle et réaliste du Paris de l'époque — sa misère sociale, ses cafés littéraires, et sa galerie de personnages atypiques et marginaux : clochards, policiers ripoux, concierges lubriques… Tout cela est un peu exagéré, poussé à l'extrême, mais c'est aussi ce qui fait le charme du livre.

J'ai particulièrement aimé le langage argotique et les expressions anciennes qui parsèment le texte, plein de clins d'oeil à Beaudelaire, Hugo, Poe et même Allan Kardec, le fondateur du spiritisme. J'avoue avoir été un peu gêné par le côté ésotérique du roman, mais il reflète bien l'ambiance de cette époque et certains milieux littéraires où ce genre de croyances avait sa place.

Au final, j'ai passé un agréable moment à lire ce roman un peu déjanté. Il ne restera sans doute pas dans les annales du polar, mais après tout, Nadine Monfils voulait-elle vraiment écrire un polar ?

 

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