Jusqu’au denier
Mat Joubert, capitaine à la Brigade des vols et homicides du Cap, en Afrique du Sud, est sur ses gardes depuis l'arrivée du colonel Bart De Wit. Celui-ci, récemment nommé à la tête de ce service par le ministre noir de l'intérieur, est un ancien de l'ANC, vif, calculateur et ambitieux. À peine installé dans ses nouvelles fonctions, il demande à Mat d'arrêter de fumer, de perdre quinze kilos, et l'envoie chez une psychologue pour qu'il retrouve toute son efficacité dans le travail. Tâche difficile pour le capitaine qui a perdu son épouse depuis deux ans et, avec elle, son envie de vivre et de se battre. Il lui faudra pourtant remonter le courant lorsque deux affaires réclameront sa perspicacité légendaire. La première concerne un braqueur de banque, doux, aimable, surnommé "Monsieur Mon Cœur". La seconde est plus obscure : des meurtres sont perpétrés avec un Tokarev, arme utilisée par les guérilleros marxistes qui sévissaient en Angola et avec un mauser, ressurgi de la guerre de Boers. Poursuivi par la presse, aiguillonné par le colonel De Wit et de nouveau attiré par les femmes, Mat émerge de ses ténèbres pour plonger dans celles de l'assassin.
Ce premier roman policier de l'écrivain afrikaander Deon Meyer frappe par son authenticité et la profondeur de son analyse psychologique du personnage central. Le lecteur y découvre la nouvelle Afrique du Sud et ses tensions politiques, son racisme encore trop présent. On attend déjà le second avec impatience. --Claude Mesplède
Mon commentaire
Jusqu’au dernier de Deon Meyer est un roman qui m’a touché à plusieurs niveaux. D’abord, j’ai adoré suivre la reconstruction personnelle de Mat Joubert, ce flic brisé par la mort de sa femme. Sa quête de rédemption, à travers le travail et l’acceptation de son deuil, m’a ému. Son évolution est au cœur de l’histoire, et sa psychologie, l’a rendu incroyablement attachant. Ensuite, j’ai été fasciné par le contexte sud-africain que dépeint Deon Meyer. Ce roman m’a ouvert les yeux sur une Afrique du Sud post-apartheid, où les clivages raciaux et les tensions sociales sont encore bien présents. J’ai apprécié la manière dont l’auteur aborde ces sujets avec clairvoyance, sans tomber dans le manichéisme.
Enfin, ce qui m’a le plus captivé, c’est la dimension sociale du polar. Au-delà de l’enquête policière, le livre aborde des thèmes forts comme la corruption, la violence urbaine ou encore les efforts pour lutter contre le sous-développement. Les personnages, souvent fêlés et complexes, reflètent la diversité culturelle et les contradictions de la société sud-africaine. J’ai trouvé cela extrêmement riche et réaliste.
Concernant l’écriture de Deon Meyer, j’ai adoré ses dialogues percutants et ses descriptions immersives. Le rythme est soutenu, et l’alternance entre les deux enquêtes a maintenu mon attention jusqu’à la dernière page.
Bref, une lecture que je recommande vivement à tous ceux qui aiment les polars intelligents, bien écrits et ancrés dans une réalité sociale forte.








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