Le meurtre du commandeur (1)
Peut-être un jour serais-je capable de faire le portrait du rien. De la même façon qu'un peintre avait été capable de dessiner Le Meurtre du Commandeur . Mais il me faudrait du temps avant d'y parvenir. Je devais faire du temps mon allié.
Quand sa femme lui a annoncé qu'elle voulait divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d'inspiration, a voyagé seul à travers le Japon. Et puis, il s'est installé dans la montagne dans une maison isolée, ancienne propriété d'un artiste de génie, Tomohiko Amada.
Un jour, le narrateur reçoit une proposition alléchante : faire le portrait de Wataru Menshiki, un riche homme d'affaires. Tandis que celui-ci pose comme modèle, le narrateur a du mal à se concentrer. Quelque chose chez Menshiki résiste à la représentation.
Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une œuvre d'une grande violence, le meurtre d'un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C'est Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges se produisent, comme si un autre monde s'était entrouvert. À qui se confier ? À Menshiki ? Mais peut-il vraiment lui faire confiance ?
Premier livre d'une œuvre exceptionnelle, dans la lignée du monumental 1Q84, un roman somme, ambitieux, profond. Deux tomes pour une odyssée initiatique étrange, inquiétante, envoûtante, où le maître Murakami dévoile ses obsessions les plus intimes.
Mon commentaire
Dans Le Meurtre du Commandeur, un portraitiste en pleine crise personnelle s’installe dans la maison isolée d’un célèbre peintre, Tomohiko Amada. Dans le grenier, il découvre un tableau mystérieux représentant une scène inspirée de Don Giovanni de Mozart. Cette œuvre semble cacher un secret et va peu à peu entraîner le narrateur dans un univers étrange, où réalité, imagination et surnaturel se mélangent.
J’ai beaucoup aimé l’atmosphère particulière du roman. Malgré un rythme très lent et de longues descriptions du quotidien, je me suis laissé entraîner par cette ambiance hypnotique. Murakami prend son temps, installe progressivement le mystère et donne une importance particulière aux petits détails. C’est justement cette lenteur qui m’a parfois captivé : j’avais envie de continuer pour comprendre où l’auteur voulait m’emmener.
J’ai également apprécié le mélange entre peinture, musique, solitude et questionnement existentiel. L’écriture, simple et contemplative, crée une véritable immersion. Comme dans certains films de David Lynch, tout n’est pas forcément expliqué, mais l’atmosphère et les zones de mystère donnent envie de poursuivre.
J’ai toutefois trouvé certains passages trop contemplatifs et le côté fantastique pourra dérouter les lecteurs qui préfèrent les intrigues réalistes. Malgré cela, Le Meurtre du Commandeur m’a séduit par son originalité et son pouvoir d’immersion. C’est un roman qui demande de la patience, mais dont la lenteur finit par devenir addictive.








Avis
Il n’y a pas encore d’avis.