Jeune détective privée rennaise, Leïla Le Menn n'aime rien tant que son indépendance. Fille de flic, la trentenaire s'est taillé une réputation dans le milieu. Mais une banale affaire de disparition va l'entraîner sur une pente glissante. Hubert, un quinqua gay, s'est volatilisé après avoir laissé une lettre accro aux sensations fortes, aux pulsions mortifères et, plus déroutant encore, adhérent d'une association masculiniste radicalisée. A mesure qu'elle pénètre le monde secret d'Hubert, Leila voit son passé ressurgir, celui dont l'écho peuple ses cauchemars: le souvenir de sa mère, dont le suicide au commissariat de Rennes douze ans plus tôt reste un mystère aux yeux de tous.
Christian Blanchard tisse un polar tendu et sans filtre sur les relations humaines, assorti d'un regard critique sur notre époque.
Christian Blanchard est lauréat du Prix Cognac 2023 du meilleur roman francophone, pour « Dis bonne

 

Mon commentaire :

Leïla le Menn, détective privée à Rennes, se voit confier une affaire délicate : une femme, rongée par le doute, lui demande de vérifier si son mari, René le Gall, la trompe. La réalité dépasse ses craintes : René entretient bien une relation secrète, mais avec un homme, Hubert. Le plus surprenant ? Après avoir été démasqué, René se tourne vers Leïla pour retrouver Hubert, qui a mystérieusement disparu.

En creusant, la détective découvre qu’Hubert était un homme aux multiples facettes, bien plus complexe qu’il n’y paraissait. Cette enquête l’entraîne dans un dédale de secrets, tout en réveillant ses propres blessures, ces ombres de l’enfance qu’elle n’a jamais tout à fait surmontées.

 L’histoire n’est pas sans rappeler les codes du genre : une enquêtrice aux prises avec ses démons, des situations périlleuses d’où elle se sort de justesse… Des éléments que l’on a pu voir ailleurs, parfois traités avec plus de profondeur. Pourtant, ce qui sauve ce récit de la banalité, c’est l’introduction d’un élément inattendu : l’OLPH (Osons la Libération de la Parole des Hommes), une organisation masculiniste et antiféministe, où se côtoient paradoxalement des membres homophobes et homosexuels. Une contradiction qui interroge, comme un miroir des tensions internes de notre société.

Si les rebondissements manquent parfois de surprise, l’œuvre a le mérite de poser des questions pertinentes. Elle explore les failles humaines, les contradictions et les silences qui habitent chacun des personnages. Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais une lecture qui, malgré ses limites, invite à réfléchir sur les masques que l’on porte et les combats intérieurs qui nous définissent.

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