Le carré des indigents
Dans "Le Carré des indigents", nous retrouvons l’inspecteur principal Claude Schneider, protagoniste récurrent des romans d’Hugues Pagan. Nous sommes dans les années 1970, peu avant la mort de Pompidou et l’accession de Giscard au pouvoir. Schneider est un jeune officier de police judiciaire, il a travaillé à Paris et vient d’être muté dans une ville moyenne de l’est de la France, une ville qu’il connaît bien. Dès sa prise de fonctions, un père éploré vient signaler la disparition de sa fille Betty, une adolescente sérieuse et sans histoires. Elle revenait de la bibliothèque sur son Solex, elle n’est jamais rentrée. Schneider a déjà l’intuition qu’elle est morte. De fait le cadavre de la jeune fille est retrouvé peu après, atrocement mutilé au niveau de la gorge.
Mon commentaire :
Le Carré des indigents est mon premier Pagan et je ne l’ai pas regretté. J’y ai découvert Schneider, un flic taiseux, cabossé par la guerre d’Algérie, attachant à force de silences et de failles devinées.
L’ambiance est lourde, sombre, traversée de vice et de colère. Une fillette est retrouvée violée et assassinée, et l’enquête nous plonge dans un commissariat où les egos s’entrechoquent, où certains flics sont ripoux, où les colères du “Dieu du Bunker” laissent tout le monde indifférent.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le réalisme. On suit le rythme du commissariat, les procédures, les dossiers qui s’empilent, les 48 premières heures cruciales, les temps morts. C’est presque documentaire, il faut dire que Pagan est un ancien policier….
C’est un polar à l’ancienne, solidement construit, méthodique. Un roman noir réaliste, teinté d’ironie avec une touche politique que j’ai beaucoup aimé.








Avis
Il n’y a pas encore d’avis.