Pleine terre
Ce matin-là, Jacques Bonhomme n’est pas dans sa cuisine, pas sur son tracteur, pas auprès de ses vaches. Depuis la veille, le jeune homme est en cavale : il a quitté sa ferme et s’est enfui, pourchassé par les gendarmes comme un criminel. Que s’est-il passé ?
D’autres voix que la sienne – la mère d’un ami, un vieux voisin, une sœur, un fonctionnaire – racontent les épisodes qui ont conduit à sa rébellion. Intelligent, travailleur, engagé pour une approche saine de la terre et des bêtes, l’éleveur a subi l’acharnement d’une administration qui pousse les paysans à la production de masse, à la déshumanisation de leurs pratiques et à la négation de leurs savoir-faire ancestraux. Désormais dépouillé de ses rêves et de sa dignité, Jacques oscille entre le désespoir et la révolte, entre le renoncement et la paradoxale euphorie de la cavale vécue comme une possible liberté, une autre réalité.
Inspiré d’un fait divers dramatique, ce roman aussi psychologique que politique pointe les espérances confisquées et la fragilité des agriculteurs face aux aberrations d’un système dégradant notre rapport au vivant. De sa plume fervente et fraternelle, Corinne Royer célèbre une nature en sursis, témoigne de l’effondrement du monde paysan et interroge le chaos de nos sociétés contemporaines, qui semblent sourdes à la tragédie se jouant dans nos campagnes.
Mon commentaire :
Je viens de refermer "Pleine terre" de Corinne Royer, et je suis encore sous le choc. Ce roman m’a bouleversé, et surtout, il m’a ouvert les yeux sur une réalité que je connaissais sans doute, mais sans jamais l’avoir vraiment ressentie : la détresse silencieuse des paysans, ces femmes et ces hommes qui se battent chaque jour pour préserver leur terre, leurs bêtes, et leur dignité.
"Pleine terre" n’est pas qu’un roman, c’est un plaidoyer, un hommage, et surtout un miroir tendu à notre société. Il m’a fait réfléchir sur mes propres choix, sur ma façon de consommer, sur le respect que je porte – ou que je ne porte pas assez – à celles et ceux qui nous nourrissent. Comment peut-on laisser des hommes et des femmes en arriver là, poussés à bout par des normes incompréhensibles, par l’indifférence, par la peur ?
Je ne sortirai pas indemne de cette lecture. Elle m’a marqué·e, révolté·e, et surtout, elle m’a donné envie d’agir, à mon échelle, pour que le monde paysan ne soit plus cette terre de solitude et de désespoir. J'ai adhéré "aux amis de la confédération paysanne" et je suis membre d'une AMAP








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