Les forges rouges
Venant de basse Silésie, Pawel Kolayev débarque près d'Inzinzac-Lochrist avec son fils Jacek. Ils trouvent refuge dans une ferme à Penquesten. Lamineur aux Forges d'Hennebont, Hervé Brachaud parvient à faire embaucher Kolayev et à l'imposer aux autres forgerons. Le nouveau-venu va rapidement prendre conscience de la dureté de la tâche, ponctuée d'accidents du travail quasi-quotidiens. À travers trois générations, Daniel Cario dresse une fresque somptueuse de la gigantesque usine métallurgique installée sur les rives du Blavet, de sa création jusqu'à sa fermeture définitive. Il ancre sa fiction dans la réalité historique, nous faisant vivre de l'intérieur un siècle de luttes, de grèves acharnées, de victoires prometteuses, d'amères défaites. Une galerie de portraits brossés sans complaisance, tout en évitant de s'égarer dans une vision manichéenne à l'égard des patrons.
Mon commentaire :
La construction de ce roman est particulièrement réussie, car l’auteur évite habilement le piège d’un récit historique trop didactique sur les forges d’Hennebont. À la place, il nous plonge dans une saga familiale captivante, celle d’un immigré polonais et de son fils, à travers laquelle il donne vie à cette époque. Le récit, à la fois vivant et émouvant, explore sans détour le racisme et les tensions sociales propres à une société profondément régionaliste. Les secrets familiaux, distillés avec subtilité, ajoutent une dimension intime et émouvante à l’histoire.








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