Sorj Chalandon livre un récit profondément autobiographique qui s’inscrit dans une démarche de vérité émotionnelle plutôt que factuelle. Le roman met en scène un adolescent en rupture, fuyant un milieu familial violent pour trouver, dans l’errance et l’engagement militant, une forme de reconstruction identitaire. L’écriture, sobre et tendue, privilégie des phrases brèves et incisives, traduisant l’urgence vitale du narrateur et la brutalité du monde qu’il traverse.
Chalandon excelle à faire sentir la fragilité psychologique du jeune homme sans jamais sombrer dans le pathos, grâce à une retenue stylistique constante. Le livre se distingue également par son regard critique sur les idéologies politiques, présentées à la fois comme des refuges et comme des impasses.
Le récit fonctionne comme une métaphore de la beauté fragile et de la possibilité de salut par la culture et la transmission. Le roman explore ainsi la tension entre violence sociale et aspiration à la dignité. En filigrane, Chalandon interroge la notion de filiation, qu’elle soit familiale, politique ou intellectuelle. Par son écriture à la fois sèche et lumineuse, il s’impose comme un récit marqué par la lucidité où la littérature devient un moyen de survivre, puis de comprendre.

Mon commentaire :

Pour ceux qui ne connaissent pas Sorj Chalandon, sachez que ce roman autobiographique n’est pas représentatif du reste de son œuvre. Dans les parties consacrées à l’errance et a son parcours comme S.D.F., j’ai retrouvé  le style et la poésie de l’auteur. En revanche, j’ai trouvé la partie sur l’extrême gauche longue et complexe, notamment à cause de la multitude de sous-groupes de la mouvance gauchiste évoqués.

J’ai été ému en me remémorant la mort de Pierre Overney, qui fut l’une de mes premières manifestations.

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