Les rescapés de l’île de Nantes (18)
Quand un restaurateur nantais, ex-mafieux marseillais et bien sous presque tous rapports, se prend une balle de 22 long rifle dans chaque œil en fumant sa cigarette à la fenêtre après une journée bien remplie, c'est contrariant. Si, en plus, la police local traite l'évènement un peu par-dessus la jambe en se disant "et un de moins !", sans savoir que la victime était le fils d'un vieil ami militaire du commissaire Saint Antoine, ne soyez pas étonnés que ce dernier pète un câble. Et que la victime ait fini ses jours en Loire-Atlantique, plutôt que dans sa circonscription, rend le vieux complètement barjot.
Pieds et poings liés dans son bureau du Val-de-Marne, qui pensez-vous qu'il envoie sur zone bretonne pour fureter à sa place ? Eh oui : une jeune mère, capitaine en congé maternité à peine remise de son accouchement, un manchot corvéable à souhait, René et sa dame en guest-stars, et votre serviteur qui ne sait toujours pas dire non aux caprices du vieux.
C'est beau Nantes, même la nuit, mais le contenu n'est vraiment pas à la hauteur du contenant. Les apparences sont trompeuses et nous n'allons pas tarder à le constater en fréquentant ses ruelles et son réputé Hangar à bananes, situé sur la fameuse île de Nantes. Rejoignez-nous, mais soyez prudents…
Mon commentaire :
Je viens de terminer mon énième Cicéron Angledroit, ce détective anti-héros entouré d'une bande de bras cassés qui, en fin de compte, n'en sont pas tant que ça. Cette enquête a des allures de guide touristique à travers Nantes et sa banlieue, mais c'est aussi une intrigue réussie, riche en rebondissements. J'ai surtout apprécié l'écriture pleine de caractère de Claude Picq, qui prend le lecteur à témoin, ironise sur ses collègues et fait un clin d'œil à Hervé Huguen, auteur chez Palémon. Au final, un très agréable moment de lecture.



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