Enquêtrice à la Brigade des crimes et délits sexuels du nord de Paris, Alex Dueso ne compte plus les affaires de violences conjugales, de viols ou de harcèlements en tout genre auxquelles elle a dû faire face depuis des années. Loin de s’y habituer, elle sent néanmoins le besoin d’une pause. Son compagnon lui propose alors de partir quelques jours dans le Puy-de-Dôme pour se ressourcer. Mais les prédateurs se fondent comme personne dans les situations les plus banales, et Alex, qui ne peut s’empêcher de voir le mal partout, est bien placée pour le savoir. Instinct ou paranoïa ? La flic peut-elle encore se faire confiance ou est-elle en train de perdre pied ?

Mon commentaire :

Ce roman a mis du temps à m'accrocher : au départ, il m'a semblé être une simple chronique de la vie d'un commissariat et de son inspectrice, Alex Dueso, personnage névrotique et un peu parano envers sa fille. On comprend aisément son état d'esprit : elle travaille à la brigade des crimes et délits sexuels, et son métier la hante bien au-delà des heures de bureau. "Elle emporte du travail à la maison" prend ici tout son sens.
Puis, le récit bascule. Les affaires s'enchaînent, toutes inspirées de faits réels : violences conjugales, viols, esclavage moderne, agressions sexuelles sur des personnes vulnérables (SDF, adolescents…). L'intrigue devient addictive, portée par un fil conducteur poignant : le journal d'Élodie. Ses passages, à la fois bouleversants et brutaux, donnent au roman une profondeur rare.
La dernière intrigue, en particulier, est magistralement construite. Elle s'achève sur des interrogations fondamentales : qu'est-ce que la justice ? Peut-on se faire justice soi-même ? Ce polar noir, en plus de captiver, rend intelligent.
L'auteure, visiblement très documentée sur les violences faites aux femmes, signe un roman percutant. Les notes en fin d'ouvrage et les rappels factuels qu'elle y glisse sont édifiants : ils révèlent, sans fard, les dysfonctionnements de notre société.

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